mercredi 6 janvier 2016

mercredi 9 septembre 2015

Rossini, "Introduction, thème et variations"

Introduction, thème et variations a été composé en 1822 par Rossini, à l'attention du professeur de clarinette Alessandro Abate.
 

L'introduction reprend "La pace mia smarrita" de l'opéra "Mosè in Egitto" (1818):



Les variations suivent le thème "Oh quante lagrime" (à 6'15), tiré de l'opéra "La donna del Lago" (1819):

dimanche 12 juillet 2015

1111 mécanismes avancés pour clarinette


À propos des exercices techniques, Marguerite Long expliquait que "le mécanisme n'est pas le but suprême vers lequel doivent tendre les efforts d'un musicien, mais il aide à y parvenir. Le talent ne consiste pas dans le mécanisme, mais il n'y a pas de talent sans mécanique longtemps éprouvé et sûr de ses moyens."
Commencez par travailler lentement. La vitesse n'est pas le but principal. Répétez chaque exercice autant de fois que possible, sur la longueur d'un souffle. Travaillez globalement: soignez le legato, la sonorité, la posture générale, la position des mains et des doigts. Restez détendus. Amusez vous en variant les articulations, créez des mécanismes dans le mécanisme, travaillez avec différents rythmes. Ces mécanismes sont à votre disposition. À vous d'en tirer le meilleur profit!

mardi 23 juin 2015

Klangfarbenmelodie

Composées en 1909, les Cinq pièces pour orchestre op.16 de Schoenberg furent créées en 1912 lors des "Promenade concerts" de Londres.

En son coeur, la 3ème pièce fait office de pivot central. Elle s'articule autour d'un accord de 5 sons: ut, sol dièse, si, mi, la. Athématique, elle offre un spectaculaire jeu de timbres orchestraux, selon le principe de la Klangfarbenmelodie ou "mélodie de timbres".

Sous-titrée originellement "Couleurs, ou Matin d'été sur un lac (Moderato)", elle propose de subtils enchainements et variations de timbres, comme une transposition musicale des variations de couleurs et lumières sur les eaux du lac Traunsee.



Webern fut un autre des musiciens de la seconde école de Vienne à avoir utilisé le principe de la Klangfarbenmelodie, notamment dans les Six Pièces pour orchestre op.6 écrites elles aussi en 1909, dédiées à Schoenberg et créées par ce dernier à Vienne.

En 1935, Webern réalisa une orchestration extraordinaire de la Fuga Ricercata de J.-S. Bach (de L'Offrande musicale, composée en 1747), en applicant ce principe de la "mélodie de timbres".

mardi 26 mai 2015

Webern op 10, par Pierre Boulez

À une dame qui lui disait "vos peintures, pour moi, c'est du chinois", Picasso rétorqua: "mais Madame, le chinois, ça s'apprend!". 

Si, pour vous, Webern c'est du chinois, et bien laissez-vous guider à la découverte de la 3ème pièce de son opus 10. 

Pénétrez l'univers musical de Webern, et laissez-vous pénétrer en retour par cet art subtil des sons. Laissez-vous séduire par cette pièce courte et dense, de celles dont Arnold Schoenberg disait qu'elles "font tenir un roman dans un soupir".

Pierre Boulez est le guide.







dimanche 3 mai 2015

On écoute aussi la musique avec les yeux

Chacun sait que lors d'un entretien d'embauche, les mots ne représentent que 20 ou 30% de ce qui est reçu par l'interlocuteur. La posture, la gestuelle, le "non-verbal" en général ont donc une influence prépondérante.
Qu'en est-il pour la musique?

Selon une étude anglaise réalisée par l'équipe de Chia-Jung Tsay de l'University College London, il semble qu'une performance musicale soit jugée plus par la vue que par l'ouïe. 

Voici une vidéo qui présente 3 finalistes de concours, en version "silent video": à vous de jouer!



Voici maintenant une vidéo présentant ces 3 finalistes en version audio: faites votre choix!



Dans la version "silent audio", nous sommes séduits par l'aisance et la décontraction du candidat YS, contrairement aux deux autres, plus raides et grimaçants. 
L'adhésion pour le candidat sur impression visuelle, est finalement démentie par l'audio seul.
Et c'est pourtant lui qui va gagner.

Même si chacun prétend juger un musicien d'abord sur sa prestation musicale, il n'en demeure pas moins que la vue, sens dominant, influence notre perception et donc notre jugement.
C'est donc un encouragement à soigner notre posture, notre décontraction et la relation au public. 
A faire avec sincérité, car une gestuelle préfabriquée, sans naturel, sera elle aussi perçue par l'oeil.

dimanche 19 avril 2015

Travailler un instrument de musique

De mon expérience de professeur de clarinette, il m'apparait que deux choses sont à enseigner priotairement à l'élève: apprendre à écouter (apprendre à s'écouter), apprendre à travailler (apprendre les méthodes).
Puis apprendre à élaborer une interprétation (travail de l'esprit) et à maitriser le souffle et la décontraction (travail du corps).



Dans "l'abécédaire d'un pianiste" (Christian Bourgeois éditeur), Alfred Brendel livre sa vision sur l'art de travailler un morceau: "Le plus important est que travailler un morceau ne doit pas être une charge. Faire connaissance avec un morceau, prendre physiquement contact avec lui, l'approfondir intellectuellement tout en le laissant nous dire quelle technique il exige de nous, s'engager dans un processus d'appropriation qui peut parfois durer toute une vie, une appropriation réciproque qui peut aller jusqu'au point où c'est le morceau qui joue l'interprète; procéder sans contrainte ni nonchalance, c'est-à-dire ne pas déformer un morceau à force d'exercice, et ne pas tout oser sans filet de sécurité - tout cela fait partie des devoirs les plus fascinants du pianiste. Les conditions en sont: un bon instrument; une bonne édition du texte original; une technique de jeu qui n'inflige pas de dommages physiques au pianiste; un travail concentré, mais pas acharné; de l'ambition; de la patience; le choix des pièces qui conviennent; enfin, et ce n'est pas le moins important, la capacité de s'écouter soi-même jouer.
Cette capacité s'acquerra au fil du temps et à l'aide d'un appareil enregistreur. Lorsque j'avais vingt ans, des gens aimables m'ont offert un magnétophone Revox; je le possède encore aujourd'hui".

Pour s'approprier une partition sur le plan technique, chacun comprend que la répétition d'un passage est essentielle. 
On ignore parfois qu'il en va de même pour l'appropriation de la musicalité. Répétez la phrase, noyez-vous dedans, laissez l'instinct s'exprimer, ressentez puis réfléchissez; opérez une navette entre le corps et l'esprit, en écoutant toujours plus en détail, en ressentant toujours plus profondément. Jusqu'à ce que la musique vous rentre dans la tête et dans la peau.

lundi 30 mars 2015

Tempo et pulsation

A partir d'un tempo donné, un interprète peut choisir différentes pulsations.

Dans un mouvement lent à 6/8, pour la même vitesse d'exécution, il pourra choisir une pulsation à la noire pointée (à 2 temps) ou la pulsation décomposée à la croche (à 6 temps).

Prenons maintenant l'exemple du premier mouvement du concerto pour clarinette de Mozart: 



Ce passage peut être battu et joué à 4 temps, ou à 2 temps (alla breve).
Dans les deux cas, l'interprète peut "jouer" avec  cette pulsation, et passer d'une battue à l'autre, sans  pour autant altérer le tempo.

Dans l'exemple ci-dessus, on peut noter une autre pulsation, interne à la musique: c'est le mouvement des croches. Celles-ci unifient la phrase, comme une colonne vertébrale. Mozart en parlait comme "il filo", le fil de la musique.
Cette petite pulsation est fondamentale. Elle conduit la musique, emplit les valeurs longues et relie les musiciens entre eux. Elle leur offre a possibilité de jouer avec, et ainsi de jouer ensemble.

Voici ce qu'en dit Alfred Brendel dans son "Abécédaire d'un pianiste" (Christian Bourgeois éditeur):

" La pulsation et la colonne vertébrale ont en commun le fait d'assurer la continuité. La colonne vertébrale nous donne solidité et souplesse, la pulsation anime, mais exerce aussi le contrôle. C'est elle qui fait avancer la musique. Avoir conscience des petites valeurs de notes, en particulier, permet justement de tenir un rythme doté de sens, mais aussi de faire des modifications de tempo intelligentes. Cette conscience est le socle du jeu d'ensemble. Une pulsation de croches permettra un bien meilleur contrôle de la fugue de la sonate Hammerklavier."


dimanche 8 février 2015

Carl Maria von Weber, redécouvert.

Carl Maria von Weber (1786-1826) fut à la fois compositeur, pianiste virtuose, chef d'orchestre, directeur de théâtre et critique musical.
Il fit évoluer les pratiques en cours dans chacun de ces domaines avec notamment le passage du singspiel à l'opéra romantique allemand, la direction à la baguette plutôt qu'au clavier, et l'évolution de la technique pianistique.

Corinne Schneider rend un bel hommage à ce compositeur quelque peu sous-estimé dans la passionnante biographie: "Weber" (aux éditions J.P. Gisserot), dont je vous livre ci-dessous quelques extraits.



"Dans le Trio n°9  avec Agathe et Ännchen, Max est sans cesse obsédé par les puissances obscures (cordes, clarinettes et cors utilisés dans le grave de leurs registres). Dans la scène de la Gorge aux Loups, il est victime d'hallucinations. Il voit d'abord l'apparition de sa mère morte dont l'esprit suppliant l'engage à reculer, puis celle d'Agathe sur le point de  se jeter dans le torrent. Les apparitions naissent de son angoisse, l'orchestre les matérialise: couleurs graves de basson et basses sur trémolos des cordes pour le spectre de la mère; chutes et glissements chromatiques sur pédale pour l'image d'Agathe."



"Le piano de Weber est avant tout très difficile à jouer, d'abord à cause de sa main: plusieurs gravures témoignent des dimensions exceptionnelles de ses doigts, longs et effilés, et notamment de ses pouces qui atteignent l'articulation médiane de l'index."



"A la fin de l'été 1811, sa vie itinérante l'incite à concevoir le projet d'un guide (Musikalishe Topographie Deutsclands), "pour aider les musiciens qui voyagent et apporter une contribution à l'histoire de l'art contemporain". L'ouvrage devait "mettre l'artiste au courant des différentes ressources musicales d'une ville": préparatifs et heures des concerts, publicité, souscriptions, composition des orchestres, noms des directeurs d'établissements...
Le projet n'aboutit pas, mais il témoigne de son esprit d'entreprise et révèle aussi les difficultés que pouvait rencontrer un artiste pour jouer et être joué."

"Par la diversité de ses activités, l'ambition de ses entreprises et l'énergie avec laquelle il réalise ses projets, Weber se présente aussi comme un homme d'action, dont l'acuité à saisir les phénomènes de son temps lui permit même d'être visionnaire."

Vous en saurez bien plus en lisant le "Weber" de Corinne Schneider aux éditions Gisserot.

mercredi 7 janvier 2015

"Le Piccadilly" et "La Diva de l'Empire" d'Erik Satie pour quatuor de clarinettes


Voici deux nouveautés pour quatuor de clarinettes qui viennent de paraitre aux éditions Klarthe (collection Florent Héau): "Le Piccadilly" et "La Diva de l'Empire" d'Erik Satie.







vendredi 19 décembre 2014

Carmen strips

Voici "Carmen strips", une petite fantaisie sur des airs de Bizet de mon cru, pour clarinette et piano, avec effeuillage de clarinette obligé. Pour le plaisir!

dimanche 23 novembre 2014

A propos de la clarinette (respiration, vibrato, résonance)

Toujours sur le site de pédagogie musicale Okarina, retrouvez ici une série d'entretiens avec la musicologue Sylviane Falcinelli.


Réalisé au CRR de Paris, ce premier épisode porte sur la respiration, le vibrato et le travail de résonance.

lundi 3 novembre 2014

13 études pour clarinette, adaptées d'après J.S. Bach (éditions Klarthe)

Devant l'intérêt suscité par mes 30 études d'après Bach (aux éditions Billaudot), et le plaisir personnel de travailler quotidiennement cette musique, je viens de publier treize nouvelles études.

Vous pouvez d'ores et déjà les découvrir, chez Klarthe éditions.




Les 13 études pour clarinette trouvent leurs sources dans les Suites pour violoncelle seul, le Clavier bien tempéré ainsi que les concertos pour piano. 



Concernant les Suites pour violoncelle seul, plutôt qu’une compilation exhaustive, j'ai préféré opérer une sélection des pièces les plus appropriées pour la clarinette. Je les ai adapté dans des tonalités évitant les sauts d'octaves préjudiciables à la compréhension et à la restitution de l'architecture des pièces. 


Les études adaptées des concertos pour piano sont inédites pour la clarinette.


Voici ce mouvement dans sa version originale:


Ces études ont une simple vocation pédagogique. Cependant, la musique est d'une richesse telle,  qu'elle est un enseignement en soi.

lundi 13 octobre 2014

Travail de la cadence du Concerto de Copland, ou comment construire une interprétation.

L'épisode 3 de la séance filmée au CRR de Paris pour le site de pédagogie musicale Okarina, montre un travail autour de la cadence du Concerto pour clarinette de Copland.

A voir ici

La construction d'une interprétation s'appuie sur plusieurs éléments expressifs de la partition (notations de caractères, nuances, signes d'expressions). Elle requiert en outre la compréhension de la structure de la pièce afin d'en déterminer la ligne directrice.
Ce dernier point est très important, et permet à tous les éléments de converger vers le sommet expressif.

Dans La formation de l'acteur, Stanislavski invite à se poser la question suivante: "Quel est le noeud de la pièce, ce sans quoi elle ne peut exister"?
Stanislavski explique: "Au centre de chaque séquence se trouve un objectif. L'objectif est un phare qui vous guide".

E lucevan le stelle est un des grands airs de Tosca, l'opéra de Puccini. Le peintre Cavaradossi, condamné à mort, se souvient de Tosca, son aimée. 
L'interprétation de cet air repose sur l'effet de bascule entre le souvenir tendre et merveilleux de Tosca et le soudain retour à la réalité de la mort proche et certaine.
Dans la vidéo suivante, Luciano Pavarotti dévoile cette clef d'interprétation. Tout comme l'objectif tel que conçu par Stanislavski, il invite l'interprète à tout faire converger vers ce point de bascule, et de choisir ce moment pour délivrer l'énergie donnant toute la puissance expressive de la mélodie.



E lucevan le stelle,
ed olezzava la terra
stridea l'uscio dell'orto
ed un passo sfiorava la rena.
Entrava ella fragrante,
mi cadea fra le braccia.
O dolci baci, o languide carezze,
mentr'io fremente le belle forme disciogliea dai veli!
Svanì per sempre il sogno mio d'amore.
L'ora è fuggita, e muoio disperato!
E non ho amato mai tanto la vita!
Et les étoiles brillaient,
Et la terre embaumait,
La porte du jardin grinçait,
et un pas effleurait le sable.
Elle entrait, parfumée,
me tombait dans les bras.
O doux baisers ! ô caresses langoureuses !
Tandis que je tremblais, elle libérait ses belles formes de leurs voiles
Il s'est évanoui pour toujours, mon rêve d'amour.
L'heure s'est envolée, et je meurs désespéré !
Et je n'ai jamais autant aimé la vie !


jeudi 2 octobre 2014

L'accord de la clarinette, épisode 2.

Voici la suite de la vidéo présentant les problématiques liées à l'accord de la clarinette et à l'intonation.
A retrouver sur le site de pédagogie musicale en image Okarina: cliquez

Musiciennes, fresque d’Égypte au British Museum
Dans le travail de l'intonation et la relation entre deux notes jouées simultanément, j'évoque le "son subjectif", un son qui apparait bien que personne ne le joue.
Par exemple, en superposant des sons de 1200 Hz et 1600 Hz, peut apparaitre un son subjectif de 400 Hz, résultant de la soustraction de ces deux fréquences. Dans ce cas, on l'appelle aussi "son soustractif".
Les facteurs d'orgue utilisent quelquefois ce principe acoustique dans certains jeux pour éviter l'emploi de tuyaux de trop grande taille, le son grave étant obtenu par la combinaison de tuyaux plus petits et savamment accordés.

mercredi 3 septembre 2014

L'accord de la clarinette, épisode 1.

Sur le site de pédagogie musicale en image Okarina, retrouvez une séance de travail réalisée au CRR de Paris et consacrée à l'accord de la clarinette (diapason et intonation).

En voici la 1ère partie: (cliquez ici)


Merci à Sylviane Falcinelli, musicologue renommée et passionnée par la clarinette qui a eu l'idée de cette rencontre.
Cette vidéo présentée par Okarinamusique.com est la première d’une série de sujets qui traiteront d’aspects techniques et musicaux, avec un répertoire comprenant des œuvres contemporaines de Hersant, Tôn Thât Tiêt et Copland.

samedi 23 août 2014

mardi 5 août 2014

samedi 28 juin 2014

Tous à Avignon!

Les Bons Becs y sont "en voyage de notes"!
du 5 au 27 juillet

Tous les jours à 12h45, théâtre Les 3 Soleils, 4 rue Buffon
Venez nombreux!

jeudi 12 juin 2014

Maître et disciple

par Hervé Le Tellier

Le maître: La sagesse ne vient pas avec l'expérience, disciple.
Le disciple: Dites-vous cela d'expérience, maître?
Le maître: j'en ai bien peur.

Le disciple: J'apprends de mes erreurs, maître
Le maître: Bien, apprends aussi de celles des autres. Ta vie ne sera pas assez longue pour que tu les fasses toutes.




Le disciple: Vous écouter chaque jour transforme ma vision du monde, maître
Le maître: Tu devrais aussi essayer la bière, disciple.

Le disciple: C'est l'hiver, maître, les jours rétrécissent. Est-ce qu'avec le froid, tout rétrécit?
Le maître: Quand tu pisses, disciple, regarde devant toi.

Textes extraits de Maître et disciple, de Hervé Le Tellier, la Bibliothèque Oulipienne n°190.

mardi 20 mai 2014

Phantasiestücke op.73, de Robert Schumann

Il y a chez Schumann, le désir de "transformer la douleur en beauté".
L'heure n'est plus aux Lumières et à la Raison (associés au style classique), mais à la nuit et à l'effusion romantique du Sturm und Drang.
Cette dimension romantique s'exprime aussi dans une évocation de contes et légendes, de mondes imaginaires, merveilleux ou étranges, et par une dimension poétique, comme en témoignent certains titres d'œuvres ("Des gens et des pays étranges", "Le poète parle").

Robert Schumann (1810-1856)
Schumann est le fils d'un libraire, éditeur et auteur, August Schumann. Sa mère chante des mélodies. Il lit Goethe, Schiller, Byron et les Grecs, Novalis, Hoffmann et surtout de Jean-Paul Richter dont il est fasciné par le thème du double. Il y a dans sa musique les deux personnages Eusebius et Florestan, le premier rêveur et mélancolique, le second, cœur fougueux (ces deux personnages sont inspirées de Vult et Walt dans "L'âge ingrat" de Jean Paul).
Le contexte familial est difficile: troubles nerveux et mort du père, amour conflictuel avec la mère. Sa sœur Émilie qui présentait des troubles psychiques graves, se suicide. Il a 16 ans.
Les voix de l'âme, l'ombre, la nuit, la langue secrète, le chant qui s'éteint, le temps, la forêt, la prophétie, la voix lointaine sont parmi les thèmes de prédilection de Schumann.


Sa musique est empreinte d'une douleur mélancolique, "le mystère sombre de l'inconscient".
Le lied schumannien est tout sauf un chant accompagné; ce sont deux voix intimement fondues ou parlant tour à tour une même langue.


Les Phantasiestücke, qui portèrent d'abord le titre de "soiréestücke", furent écrit en seulement deux jours (11 et 12 février 1849). Ce sont trois mélodies sans paroles. Chaque pièce est construite en forme lied avec coda, et elles s'enchainent "Attaca", en formant un crescendo.



Le titre de Phantasiestücke suggère un monde imaginaire, fantasmé, et comme si le compositeur avait souhaité donner libre cours à son inspiration.

Manuscrit des Phantasiestücke
Texte écrit d'après "Schumann, Les voix intérieures" de Michel Schneider, aux éditions Découvertes Gallimard

jeudi 8 mai 2014

Kyoto Shinto

Fushimi Inari-Taisha
Fushimi Inari-Taisha

Heian-Jingû

Heian-Jingû

mercredi 12 mars 2014

dimanche 19 janvier 2014

Charles-Marie Widor, Introduction et rondo pour clarinette et piano

Charles-Marie Widor (1844-1937)
L'activité du musicien Charles-Marie Widor, comme organiste, pédagogue et compositeur, a été d'une longévité remarquable. Elle s'est déroulée sur quasiment toute la période de la Troisième République, autrement dit entre César Franck, dont il prit la succession au Conservatoire de Paris en 1890, et jusqu'à Messiaen.

Le nom de Charles-Marie Widor est avant tout associé à l'orgue. Issu d'une famille d'organistes, il a assisté Saint-Saëns à la tribune de l'église de La Madeleine à Paris, avant de tenir les orgues Cavaillé-Coll de l'église Saint-Sulpice. Il a notamment écrit pour cet instrument 10 symphonies. Voici la fameuse toccata de la 5ème symphonie, interprétée par Widor lui-même en 1932, à l'âge de 88 ans:



L'année 1898, Cyrille-Chrysogone Rose est le professeur de clarinette du Conservatoire de Paris (depuis 1881), et Charles-Marie Widor vient de reprendre la classe de composition musicale, contrepoint et fugue de Théodore Dubois, ce dernier venant lui-même d'être nommé directeur de l'établissement.
Widor compose Introduction et rondo Op.72 pour le concours de fin d'année. La pièce porte la dédicace de Widor "A son ami M. C. Rose". René Verney remporte le 1er Prix. Il a 18 ans et sera plus tard clarinette solo de l'orchestre de la Garde Républicaine.

Éditions Heugel & Cie

Voici quelques corrections à apporter à la partie de clarinette éditée chez Heugel:

Sf sous le ré aigu, avec, dans la tradition, une respiration avant le sol bécarre le précédant, renforçant l'expression de l'intervalle et l'effet de culmination:

Sf sous le ré bémol:

pp au début du Moderato:

Noire = 132, tempo de l'Allegro:

Noire = 108, tempo du Più largo:

Notez le diminuendo:


Notez l'accent :


 ff et a piacere :

A tempo, 7 mesures avant le retour du Tempo 1°:

Le fp concerne le sol#:



Legato:


p et sf :

Notez le allargando :

Notez la respiration :

Notez le ritenuto

Sf sur la dernière note:


Cette musique est de style romantique. Elle est lyrique et d'une emphase qui peut paraitre un peu surannée à nos oreilles. Pour vous donner une idée du goût de l'époque en matière d'interprétation, écoutez l'actrice Sarah Bernhardt, et son expressivité intense portée par la "déclamation musicale":



Écrite dans un style très "français", l'Introduction et allegro de Widor demande à l'interprète, de l'engagement, de la flamme, et de l'expression. Elle est brillante (n'oublions pas sa vocation de morceau de concours). Les notations a piacere invitent à un jeu souple, rubato et fantasque. Les nuances sont variées, subtiles et contrastées. Elles permettent aussi de souligner les différentes couleurs harmoniques. 
Et puis, fin du fin, jouez avec du chic et de l'élégance!